14 avril: Le Pays Dignois





Le résumé

115 kilomètres, 1 700 m de dénivelé positif
Météo : temps frais mais sec – neige au bord des routes dans les cols – température agréable pour le repas post sortie en terrasse.

5 heures du matin, pluie au réveil à Aix, ça commençait bien… 
Comme c’était prévu et qu’à Digne les Bains à 100 km au nord en montant sur la route des Alpes il devait faire un temps sec, on ne s’est pas formalisé. Et on a bien fait ! Nous étions d’autant plus motivé qu’après le temps épouvantable de la semaine à Aix, les trombes d’eau et autres vents déchaînés, les Rugissants avaient envie de se dégourdir les jambes ! Comme de fringants pur-sang confinés trop longtemps à l’écurie, en somme.
 
Quelques défections liées au temps incertain, citons notamment le PDG des Rugissants (Georges) et un cadre éminent (Sergio) qui sont absents. Heureusement le Directeur exécutif (Fabien) est là, tout va bien ! Les 24 cafés des Rugissants (pas par personne, nous sommes 23…) sont pris à Digne et le départ est donné comme prévu à 8h précise (8h 22 à ma montre…)

C’est un peloton soudé qui s’élance en faux plat montant sur une route mouillée qui salit les vélos mais le ciel est plutôt rassurant. La route longe la voie ferrée du train des pignes qui va de Digne à Nice et des torrents pour le moins richement dotés en eau. Avec toute la neige tombée cet hiver et jusqu’à il y a deux jours, rien d’étonnant.

Le début de la sortie au cœur des montagnes enneigées

Premier arrêt au bout de quelques kilomètres pour permettre à nos vieux grognards principalement, au regard fier mais à la prostate taquine de soulager un besoin naturel. Soyons juste, même les jeunes s’allègent, inutile de charrier dans les cols du poids inutile. Je remarque un Rugissant qui arrose copieusement un arbuste. Le pauvre arbre est décédé sur le coup.

Le premier véritable col, le col des Robines n’est qu’une formalité, il n’était pas très dur non plus, soyons justes. 
Après une belle descente rapide, large et avec de belles courbes, nous fondons sur St-André des Alpes. Nous attendons avec impatience de longer le beau lac artificiel de Castillon (Haut Verdon) et ses eaux d’un bleu profond, tel que  Fabien nous en a fait sa promotion en le mettant en photo sur la présentation de la sortie spéciale. Faut toujours se méfier des vendeurs, le lac est tout gris et quasiment à sec pour cause de purge hivernale par EDF.

Le lac promis... et le "lac" qu'on a cherché ! 

La neige est présente tout autour de nous et jusqu’aux sommets, ce qui offre des paysages superbes et une atmosphère certes peu printanière mais non dénuée d’attrait. Ça parle beaucoup dans le peloton, c’est aussi le charme de ce sport. Et puis vous en connaissez beaucoup vous des sports où on peut parler et s’entraîner en même temps ? Des nageurs ont essayé de faire pareil, tous noyés !

La belle balade continue. Par une longue descente, nous fondons (je ne trouve pas d’autre mot tant notre allure est digne d’un TGV pas en grève) sur Castellane.
« Y a 2 jours, ça ne passait pas, col fermé pour cause de chutes de neige importantes. » C’est ce que nous apprenons au sommet du col des Lèques, à 1146 m d’altitude par un autochtone qui nous fait la photo du groupe au sommet. Fabien le savait pour avoir pris des infos à la gendarmerie du coin, mais il nous avait caché l’information par peur de dissuader certains hésitants de venir. Faut toujours se méfier des organisateurs, ils sont prêts à tout pour avoir du monde. Reconnaissons qu’il a très bien fait, car cette montée avec la neige tout autour de nous et par une route parfaitement dégagée est un grand moment de la sortie. Dans ce col, beaucoup font l’erreur de monter trop vite, une faute classique que moi et quelques attardés nous nous gardons bien de commettre !
Damien lui, vole dans les cols, mais comme ce jeune est très convivial, il redescend à notre rencontre.
Au sommet, la neige permet aussi de ranger les vélos efficacement, c’est un plus.

Pratique la neige pour ranger les vélos !

Encore une belle descente, puis un long faux plat descendant qui nous amène au pied de la dernière difficulté, le col du Corobin. 

Les Reines des neiges !

Nettement plus dur que le précédent avec des portions comprenant de bons pourcentages (entre 7 et 13%), au calme en plus (pas une voiture) et qui monte légèrement plus haut (1211 m). Par contre plus de neige dans ce très joli col, ce qui illustre bien la notion d’ubac et d’adret. Pour ceux qui n’ont pas bien écouté leur professeur de géographie au lycée, ce que je juge personnellement inadmissible, je les encourage à reprendre cette notion.

Tout le monde se dépouille dans le col du Corobin !

Encore une belle photo de groupe au sommet, il ne reste plus qu’à fondre (je ne trouve pas d’autre mot) littéralement sur Digne. Notre parcours en forme de 8 est bouclé.

Le groupe au sommet du col du Corobin

Nos filles ont été brillantes (est-il encore besoin de le préciser, on a bien de la chance de les avoir), nos garçons vaillants (de la trentaine à la soixantaine, coup de chapeau spécial aux anciens), et tout le monde est très content.

Il est temps de se restaurer. C’est un moment clé de la sortie, que les vaches alentours redoutent. Elles ne font pas les malignes, car il nous faut notre stock de viande pour régénérer nos muscles sollicités et il n’est pas rare qu’on doive abattre dans l’urgence une de ces pauvres bêtes. 
Fabien a négocié dans la semaine un bon menu pour 20 €. Julien a-t-il ignoré l’information ? Il tente de renégocier à 17 €, sans succès. Nous craignons que la patronne bâcle nos desserts suite à cet incident mais l’ambiance se détend rapidement et les desserts sont excellents.

A table !!

Au moment de payer, et dans un souci de simplification administrative, la plupart d’entre nous payons directement notre Trésorier payeur général, Fabien. Faut toujours se méfier d’un jeune fatigué…
Il manque 20 €, soit l’équivalent d’un repas. Qui a oublié de payer ? Un bon moment s’écoule, un moment de flottement pourrait-on dire, on a jamais vu ça en 10 ans de sorties spéciales. Alors on cherche tous à s’informer, un d’entre nous est-il encore caché dans les toilettes ? 
En fait non, Fabien retrouve les 20 € manquants en fouillant mieux… au fond de sa poche. Ce garçon a perdu toute sa lucidité dans le col de Corobin, qu’il a d’ailleurs fort brillamment monté.

Il est temps de se quitter et de rentrer à Aix en covoiturage après cette encore bien belle journée ! L’histoire est ainsi bien célébrée, tout juste 9 ans après la première spéciale ayant attiré plus de 20 personnes sur ce même parcours !

Le 10 mai, de nouvelles aventures… on espère cette fois printanières dans les pré-Alpes d’Azur, au départ du lac de Saint-Cassien.

Texte de Loïc complété par Fabien.
Mise en images par Fabien avec le concours des photos prises par Fabien-Loïc-Thomas

La liste des participants

23 courageux participants, dans l’ordre alphabétique :
  • chez les filles : Emilie / Françoise / Isabelle / Karine / Sandrine
  • chez les garçons : Brice / Bruce / Bruno / Damien / Fabien / François B / Jean-Claude / Jean-Luc / Jean-Pierre Bonnafoux / Jean-Pierre Bonnet / Julien / Lionel / Loïc / Michel / Nicolas / Patrice / Régis / Thomas
A noter que certains viennent de loin pour participer à cette spéciale historique (Julien de Grenoble et Lionel/Nicolas de Briançon)
Le groupe au complet au sommet enneigé du col des Lèques