Le Voyage 2019 De Nice à Nice (France et Italie) : du lundi 15 au dimanche 21 juillet

Cette année 2019 verra l'organisation de notre 9ème voyage itinérant!

Pour voir toutes les étapes sur openrunner cliquer ici: @Voyage2019

Les résumés

7e étape : Saint Etienne de Tinée – Nice  135 km   /   D + :  2 100 m

Météo : beau temps, température maxi de 32°. Vent faible.

12 participants : Anne-Lise / Françoise / Karine / André / Fabien /  Jean-Luc / Jean-Pierre / Julien /  Loïc  /  Michel / Patrice  / Régis

Résumé : on boucle à 17h30. 

C’était le final aujourd’hui. Un moment toujours particulier, on est un peu triste de se quitter, mais aussi content de faire souffler les organismes après une semaine intense. C’est d’ailleurs étonnant de voir comment le corps s’adapte. Hier, la très grande forme, aujourd’hui lundi 22 juillet 2019, plus d’objectif vélo immédiat, plus de motivation sportive donc, et… plus beaucoup d’énergie.

En parallèle, Julian et Thibaut se remettent de leurs exploits sur le Tour de France 2019 aujourd’hui aussi. Faudra recommencer ça les gars dans les Alpes, et tenir jusqu’au bout ! Hinault aimerait bien avoir un successeur français au palmarès du Tour de son vivant… C’était en 1985 déjà, son 5e titre, le temps passe.

Le peloton des Rugissants, lui, a quitté ce matin Saint-Etienne-de-Tinée avec ses sandwichs. On avait prévu un pique-nique final au sommet de la montée de la Madone d’Utelle, à 1100 m d’altitude, sur les hauteurs avec vue jusqu’à Nice quand il n’y a pas de brume de chaleur. Un pique-nique c’est bien, c’est convivial, mais il faut s’ouvrir l’appétit avant, aussi l’itinéraire prévoyait, après 45 kilomètres descendants dans la vallée de la Tinée, d’aller faire une belle mais difficile ascension sur une route perdue et d’une beauté stupéfiante.

Jean-Luc et Jean-Pierre dans la première partie de la montée vers la Madone d'Utelle

Un paradis pour cycliste comme nous les aimons, avec lacets surplombant des ravins et des relances répétées à faire compte tenu des pourcentages de pente très changeants. Pas un chat sur la chaussée étroite et parfois parsemée de petits restes d’éboulis de pierres, pas une marmotte non plus, elles se méfient de Michel il faut dire ! Il est même déclaré « personna non grata » dans la cime de la Bonette par la communauté des marmottes depuis qu’il a roulé sur une d’entre elles. Cela a été fait sans méchanceté, mais bon elle est quand même morte ! De toute façon ces charmantes bestioles ne vivent qu’en haute montagne, nous ne sommes plus pour cette étape 7 qu’en moyenne montagne.

   Dans l’ascension d’Utelle, Karine fait le K.O.M féminin et Fabien conteste ses temps auprès de Strava après examen des données sur son smartphone. Quand il fait le compte de ses segments, il ne s’y retrouve pas. Moi non plus, surtout dans ses explications, tout ce que je sais c’est que ça à l’air grave, le gars est très remonté contre l’application Strava qui permet de mesurer ses temps dans chaque montée ! ;-) Le jeune pense déposer une réclamation !

La descente de la Madone d'Utelle dans un cadre à couper le souffle !

En parlant de réclamation, le comité de course des Rugissants a statué après 5 jours de réflexion sur « l’affaire Brice ». Je vous rappelle rapidement les faits : le 2e jour, lors de l’ascension final du Poggio, Brice est passé en tête devant Fabien à la fameuse cabine téléphonique qui marque l’endroit où il faut tourner à gauche pour basculer dans la descente finale sur San Remo. Brice lui a filé tout droit, s’offrant 3 kilomètres de montée en plus, si ça l’amuse… Il a donc été décidé par le comité directeur de déclasser Brice. Et n’allez pas croire que le fait que Fabien fasse partie de ce comité entre en ligne de compte. Pas le genre de la maison !

L’incident est clos. Revenons au sommet de la Madone d’Utelle. Il y a une chapelle et un petit kiosque panoramique avec vue à 360° où nous nous posons pour le pique-nique. Royal moment de détente !

Régis et Jean-Pierre dans la descente avec le village d'Utelle en arrière plan

   L’après-midi est marquée par quelques petites bosses, avalées avec entrain dans des lieux encore très perdus. Ce n’est qu’à une vingtaine de kilomètres de Nice, mais encore sur les hauteurs, que nous retrouvons un peu de présence humaine significative.

   Il ne reste plus qu’à se laisser glisser sur la cité de la baie des Anges. Il y a encore une poignée de « raidards » de quelques centaines de mètres à chaque fois, où les Rugissants s’amusent à se défier au sprint. De vrais gamins et gamines !

La plongée (c’est le terme approprié car la pente est forte) sur Nice se fait par une toute petite route et nous permet de rejoindre le point de départ de ce voyage à l’abri de la circulation. Compte tenu de la taille de la ville de Nice, il fallait le trouver cet itinéraire, Fabien l’a trouvé ! Il trouve tout ce jeune !

  Ne reste plus qu’à recharger le camion avec tous les vélos et les bagages, et à rentrer sur Aix-en-Provence. 20h, c’est la fin de l’aventure…

   Un grand merci à tous les participants et participantes pour la pleine réussite de cette édition 2019 du voyage des Rugissants (la 9ème)

   Un grand merci à Fabien pour la qualité exceptionnelle de ses parcours à chaque étape et pour ses qualités d’organisateur et de grimpeur :-). Par contre vous le verriez le matin au réveil dans la chambre, une loque humaine… C’est vrai qu’on dort peu et qu’on se dépense beaucoup, mais quand même, un peu de dignité !

   Dernière anecdote : parfois vous vous dites peut-être que j’exagère les faits. En réalité je suis plutôt en-dessous de la vérité souvent. Il y a 2 jours je vous parlais de cette patronne de l’auberge située au sommet du col de Vars, à l’apparence d’un bouledogue mal luné, à l’âge incertain mais certainement élevé, et à l’amabilité laissée au vestiaire depuis toujours. Cette dame qui ne vient pas servir ses clients, mais en découdre avec eux. Cette dame, qui certainement se lève tous les jours en maudissant ces satanés clients qu’il va falloir servir, et se couche dans le même état d’esprit délicieux. Nous nous sommes amusés hier soir à regarder avec Fabien et Julien ses commentaires de satisfaction sur Internet. Ça vaut son pesant de cacahuètes ! « Ton agressif, expression du visage peu engageante », « Bière servie en partie par terre », « Serveuse odieuse avec les enfants » « Interdiction de s’assoir où on veut dans l’établissement », « Colérique pour tout et pour rien, surtout pour rien… », « Bourrue au-delà du raisonnable », « Attente interminable pour être servi » « Serveuse qui souffle à la commande », « Personnel fatigué, il est temps de passer la main… ».

Remarquez qu’elle s’en fout cette ô combien brave dame, primo parce qu’elle ne doit jamais aller sur Internet et deusio parce qu’elle vit d’une clientèle de passage. Juju est encore traumatisé, un garçon pourtant charmant qu’elle a eu dans le pif direct ! Enfin, ça fait des souvenirs, on en rigole encore. Au-delà de ce « spécimen » exceptionnel, on est bien obligé de constater que plus globalement, le personnel est beaucoup plus commerçant et agréable de l’autre côté des Alpes…

   Voilà, c’est fini, ce fut un bien beau voyage sportif, et il n’y a pas de 8e étape…

Jean-Pierre a du mal à vivre la fin du voyage...

Et maintenant, les impressions de Fabien :

Le groupe a clôturé cette très belle semaine qui fut une nouvelle fois une belle réussite riche en émotions pour ce (déjà !) neuvième voyage ! Les 16 participants (sur la totalité ou une partie du voyage) ont été gâté sur le plan sportif (la Poggio, le Passo Teglia, le col Agnel, la cime de la Bonette à 2802 mètres, la Madone d'Utelle et ses passages à 17%...), en termes d'ambiance/de moments partagés et sur le plan culinaire (particulièrement en Italie). Le groupe a également pu profiter de sites touristiques qui valaient le détour : la côte d'Azur/rivera italienne, Dolceacqua, Cuneo, Sait-Véran, l'arrière pays niçois...

Un grand bravo à toutes et à tous pour avoir dompté toutes les difficultés sportives du parcours et pour avoir facilité la vie du groupe au quotidien en favorisant les regroupements, en aidant à ranger/remplir/vider le camion, en remplissant les bouteilles d'eau... Merci également pour avoir su rester positifs et de bonne humeur en toute circonstances. Vous avez toutes et tous grandement contribué à la belle réussite de ce voyage !

Un merci tout particulier à Loïc pour ses résumés toujours très attendus, son implication dans l'organisation, son guidage au quotidien et son sens de l'organisation et de la logistique. Merci également à Patrice pour ses barres toujours autant appréciés et salvatrice (n'est-ce pas Karine ?!) et pour distiller sa permanente bonne humeur dans le groupe.

Vivement l'an prochain pour la 10ème édition du voyage des Rugissants !

Textes de Loïc et Fabien mis en images par Fabien.


6e étape : Saint-Véran – Saint-Etienne-de-Tinée  122 km   /   D + :  2 700 m

Météo : beau temps, température maxi de 30°, environ 20° à la cime de la Bonette. Vent faible.

12 participants : Anne-Lise / Françoise  / Karine /  André /  Fabien /  Jean-Luc / Jean-Pierre / Julien /  Loïc  /  Michel / Patrice  / Régis

Résumé : La haute montagne, paradis du cycliste. :-)

Château-Queyras que nous admirons en tout début d'étape

    Ce fut encore une bien belle étape aujourd’hui pour les amateurs de sport en plein air sur roues. D’abord parce que l’étape commençait par 30 kilomètres de descente jusqu’à Guillestre, toujours agréable comme entame. Ensuite parce que le col de Vars, quoique fréquenté (motos, autos, quads, vélos…) offre de beaux paysages et n’est pas par ce versant d’une difficulté exceptionnelle.

André dans le final du col de Vars

   Quand on s’arrête et se regroupe en haut, c’est pour se restaurer en terrasse à 2100 m d’altitude. Il n’y a qu’une seule auberge avec toilettes sèches indépendantes de l’autre côté de la route, face à la montagne. Le personnel de l’auberge est d’une amabilité exquise. En fait il n’y a qu’une seule personne qui sert tout le monde et qui doit être en même temps la patronne. Une femme, comment dire, la grâce personnifiée…

   Physiquement déjà, elle ressemble à un bouledogue. Mais le pire c’est qu’elle engueule carrément les clients dès que quelque chose lui déplait. Et on peut dire que beaucoup de choses lui déplaisent : l’endroit où on pose nos vélos, la façon avec laquelle on commande, ce qu’on lui demande aussi. En fait tout l’énerve : Juju, Dédé et quelques autres se font rentrer dedans, seul Jean-Pierre parvient à l’amadouer un peu. Le sens du commerce personnifié et même poussé à son paroxysme. L’amour de son prochain à son plus haut niveau. Ceci dit l’omelette et la tarte aux myrtilles sont bonnes, de toute façon on n’a pas choisi notre menu, on a pris ce qu’elle voulait pour éviter les embrouilles du style :

   « Tu l’as veut dans la gueule, ma tarte ! »

   Pour payer, nouveau grand moment, cette fois avec le patron, qui ne s’en sort pas avec nos commandes, on bascule dans un sketch de Muriel Robin.

   Après cette pause douceur, nous glissons comme des bombes dans la rapide descente du col de Vars. Difficile de décerner un grand prix de descendeur, tant Juju, Patoche, Michel, Fabien, Françoise, Anne-Lise, Karine et Jean-Pierre excellent dans cet exercice (certains atteignent plus de 80 km/h !).

   Un long faux plat descendant complète notre réveil musculaire post-déjeuner avant d’attaquer les 23 km de la montée de la Bonette. Moins dur que le col Agnel mais très exigeant quand même car il s’agit d’atteindre 2802 m (plus haute route d’Europe.)

   Les paysages du col sont éblouissants, de forêt en prairie, de prairie en caillasse. Il y a des verroux rocheux liés à d’anciennes moraines glaciaires qui occasionnent des montées en lacets toujours très plaisantes. Il y a encore quelques petits lacs sur le parcours. Bref, la nature nous gâte. La pente aussi.

   Au sommet de la Bonette, le quarté donne Fafa, Lolo, puis Jean-Pierre et Michel qui poussent leur duel final jusqu’à arriver en même temps à la cime à 2802 m en passant chacun par un des côtés de la route qui fait une boucle sur le dernier kilomètre depuis le col de Restefond à 2680 m.

Jean-Pierre et Michel au sommet de la Bonette après leur incroyable mano a mano !

Karine et Françoise arrivent peu après, toujours faciles dans les ascensions, ces filles sont des sportives impressionnantes, rapides et increvables sur la route. Jean-Luc et Régis se sont bien donnés aussi dans ce très long col, même si Jean-Luc pense que la pause du midi lui a joué des tours. C’est pas notre faute, faudra en parler avec le bouledogue…

   Patoche se gère toujours très bien dans les montées et monte facile sans se mettre dans le rouge. Dédé fait une partie de la montée car il a d’abord dû amener le camion au sommet. Anne-Lise victime d’un accident de la route il y a une semaine préfère se contenter du premier col. Quant à Julien, il nous avait annoncé la veille sa condition physique comme très précaire pour cause de manque d’entraînement et finalement il a bien fini en faisant l’étape complète. Il avait fixé son heure d’arrivée à St-Etienne-de-Tinée vers 22h, horaire optimiste moi je tablais plus sur une arrivée dans la chambre qu’il partage avec Fabien et moi autour de minuit et dans un état de délabrement avancé. Finalement il était à l’hôtel à 18h30, frais comme un gardon, avec 3h30 d’avance ! :-)

    Malheureusement, cette belle étape a été assombrie par un terrible drame, dans la descente qui va de la cime de la Bonette à l’arrivée à St-Etienne-de-Tinée. Dans cette descente je double Karine, ce qui en soit n’est pas normal vu qu’elle est bien meilleure descendeuse que moi. En passant à sa hauteur j’entends vaguement qu’elle me dit de faire attention mais je n’ai pas compris à quoi. En fait elle vient d’éviter deux marmottes qui ont traversé devant elle. Michel, lui, n’aura pas cette chance. Il roule carrément sur l’une d’elles, la tuant sur le coup, et comme il est adroit, parvient à éviter la chute. Mais c’est vrai qu’elles sont couillonnes ces marmottes à traverser la route brutalement sans rien regarder. Selon Michel, une marmotte c’est finalement assez plat et on peut rouler dessus sans forcément finir au tapis, toutefois je ne le conseille pas sauf urgence absolue. Il n’en reste pas moins qu’à cause d’un Rugissant, ce soir dans les alpages on laisse quelques orphelins dans la communauté marmottière.

   Quelques temps après l’arrivée et un bon chocolat chaud plus tard, Michel, encore lui, très certainement un peu usé par l’étape (ce ne peut pas être l’enchaînement des cols quand même ? Ni l’homicide involontaire sur marmotte ?) dit, je le cite :

   « Julien en est où ? » Persuadé que Juju est toujours à se débattre avec le col, ou à fréquenter quelque refuge en quête d’une collation. Françoise, la femme de Michel, toujours très prévenante et fine mouche, lui explique que Julien est là, juste à côté de lui…

   Je me demande si on ne va pas écourter le voyage pour ménager les organismes. Oh et puis non, de toute façon il ne reste plus qu’une étape, ça devrait passer, comme pour Pinot et Alaphilippe dans le Tourmalet !

   Demain on file sur Nice, en faisant le détour par un col (la Madone d’Utelle) qui justement le vaut le détour selon Fabien, notre G.O et puncheur dans les cols.  

   Il ne restera alors plus qu’à faire un transfert jusqu’à Aix-en-Provence et nous pourrons profiter en toute quiétude de la canicule annoncée pour toute la semaine prochaine.

   Durant cette semaine nous avons eu une météo excellente (ce sera aussi le cas demain) à part la première heure du parcours !

Le groupe au sommet du col de Vars

   Texte de Loïc, mis en image par Fabien.


5e étape : Cuneo – Saint-Véran  99 km   /   D + :  2 600 m

Météo : beau temps, température maxi de 32°. Seulement 13° avec des nuages en haut du col Agnel. Vent favorable.

9 participants : Françoise /  André /  Fabien /  Jean-Luc /  Loïc  /  Michel / Patrice  / Régis /  Serge

Résumé : La montagne était belle, mais haute ! Mais belle… :-)

   Cuneo est une jolie cité de taille moyenne sur la route de Turin en venant de France par les Alpes. C’est de là que nous sommes partis ce matin. Hier soir, ses habitants nous ont même offert un joli spectacle son et lumière sur la grande place, à 22h. Ajoutez à cela des drapeaux rouges à toutes les fenêtres des maisons dans le centre historique et piétonnier, tout ça pour le passage des Rugissants en tournée, c’est presque trop ! D’autant plus que certains Rugissants étaient déjà couchés à 22h, heureusement que nous avions tout de même encore bonne une délégation sur la place.

   Hier nous sommes arrivés de bonne heure à Cuneo (puisque c’était une demi-étape), on a eu le temps de prendre 3 repas en 6 heures. Belle performance qui dénote une fois encore que les Rugissants ne sont pas que de gros rouleurs. A 13h30 parce qu’on avait faim, à 16h parce que les glaces italiennes de chez Grom sont excellentes et à 20h dans un resto plutôt du genre gastronomique. Pour faire partie des Rugissants en voyage, une bonne condition physique ne suffit pas, il faut un bon estomac aussi.  Enfin bref, le soir, après le spectacle, on est rentrés dans nos chambres, sans manger, on sait être raisonnables.

   Aujourd’hui, le gros morceau, c’était le col Agnel. Un col d’une grande difficulté par son versant italien, tout le monde a dû se « taper dedans » pour le gravir. On peut dire que ça monte sur une cinquantaine de kilomètres même si les 30 premiers ne présentent aucune difficulté. Il en reste 20, d’abord 10 où la pente se redresse fortement mais sans être terrible toutefois et puis les 10 derniers qui sont presque toujours entre 10 et 14 % d’inclinaison, c’est rude. 10 km sans répit donc. Ce qui nous aide dans l’ascension, c’est que le paysage est exceptionnel. Ce qui ne nous aide pas, c’est de voir qu’on n’arrive pas à remonter sur celui qui est devant, sans pour autant prendre beaucoup d’avance sur celui qui est derrière… 

Le groupe au sommet du col Agnel

   Au sommet Fafa, Mimi et Lolo dans l’ordre, puis la brillante performance de notre seule fille aujourd'hui, Françoise, qui ne lâche jamais rien. Sergio a lui aussi fait du bon boulot, Dédé s’est bien défendu et Patoche a fait preuve de sa régularité de métronome habituelle. Régis se sentant un peu fatigué ce matin a préféré raisonnablement ne faire qu'une partie du col. Enfin Jean-Luc n’a pu faire qu’une partie du col car il avait un relais camion. Ceci dit, remplacé par Régis au volant à quinze kilomètres du sommet, cela lui a permis (avec brio) d’en faire le meilleur… c'est-à-dire le plus dur !

   Le matin j’ai eu un peu de mal dans mon guidage GPS au départ de Cuneo (sans conséquence) et aussi dans la première montée avant le grand col (sans reproche, merci les gars). Dans Cuneo j’ai perdu la trace GPS dans les rues piétonnes en manquant de concentration, mais on a fini par retomber sur nos roues assez vite. Dans la côte j’ai négligé une intersection. On est partis se promener un peu plus haut que prévu du coup. En même temps comment mes compagnons auraient-ils pu me reprocher de leur avoir offert sans aucun supplément un petit extra d’environ 1,5 km de montée ?

   Au café du matin, plus de trace de ces incidents mineurs. Tout était déjà oublié et les Rugissants rivalisaient d’impatience pour aller s’ébattre (ou se battre) en montagne. De vrais purs-sangs, une image d’une beauté rare qui restera gravée dans ma mémoire.

   Dans le col Agnel il y a beaucoup de marmottes, mais bien peu de cyclistes. C’est pourtant largement aussi dur (et même plus si on se réfère au profil Openrunner) que le Ventoux qui reste cependant une référence pour les cyclistes du monde entier avec le Galibier, le Tourmalet, le Stelvio et quelques autres. Mais pour en revenir aux marmottes dont deux ont déboulées devant mes roues en piaillant comme si on les dérangeait, pas toujours facile de les distinguer d’un Rugissant, avec qui elles partagent vitesse de déplacement, galbe des fessiers et encore certains autres traits comme une grosse couche de poils et de bonnes joues. En général les marmottes sont plutôt au bord des routes et les Rugissants dessus, c’est un bon point de repère.

   Après la rude bataille d’Agnel, d’abord avec soi-même car le vélo est un sport extrêmement exigeant, ensuite avec les autres car on aime se challenger dans la bonne humeur, nous faisons la photo de groupe au sommet du col. C’est la frontière, nous revenons en France. La température est fraîche au sommet car il y a pas mal de vent. Nous nous arrêtons au début de la descente dans le refuge du col pour prendre le goûter. Ça tombe bien, il est 15h et le refuge vient juste de rouvrir pour accueillir les randonneurs et les cyclistes…

   Retour dans la descente après la pause pour perdre de l’altitude et gagner des degrés. Au pied du col, Françoise, très certainement un peu usée par le froid (ce ne peut pas être le col quand même ?) dit, je la cite :

   « C’est joli ici, ça ressemble au Queyras. » Michel, son mari toujours très attentionné et fin diplomate, lui explique que c’est tout à fait normal, on est dans le Queyras…

   Je me demande si parfois on n’impose pas trop d’efforts à nos gentils membres.

   Il reste moins de 5 kilomètres en montée pas trop difficile pour rejoindre le village de Saint-Véran à travers une sapinière, puis des prairies livrant un panorama de haute montagne absolument sublime. 

La montée vers Saint-Véran

      Ce soir nous dormons dans un beau chalet de montagne qui est aussi un hôtel. Le village de 200 âmes est aussi le plus haut de France, à 2040m d’altitude. La vue depuis les chambres est superbe et le calme royal.

La vue depuis les chambres d'hôtel : pas mal !

      Demain il y aura 2 cols pour le prix d’un (aujourd’hui) et nous serons toujours en très haute montagne. Anne-Lise, Karine et Julien sont arrivés dès ce soir pour renforcer le groupe. Juju est particulièrement affuté puisqu’il a dû faire un gros ravito dans une superette pour boucler sa mini-étape vélo de 30 km depuis la gare de Guillestre. Sacré Juju !

   Juju Alaphilippe de son côté n’a fait que 27 km aujourd’hui. Mais il a fait exploser tous ses adversaires. Pourvu que ça dure. Fabien n’y croit pas qu’il puisse gagner le Tour, mais je crois qu’il est jaloux.

Demain il y aura aussi Jean-Pierre en plus, malheureusement sans Florette qui a un empêchement de dernière minute. Serge, lui, nous quitte, bref le groupe se modifie au fil des jours dans ce voyage avec un noyau dur qui reste.

   Texte de Loïc, images de Fabien.


4e étape : Ormea – Cuneo  93 km   /   D + : 1 300 m

Météo : beau temps, température maxi de 34° à l’arrivée à Cuneo, vent faible.

9 participants : Françoise /  André /  Fabien /  Jean-Luc /  Loïc  /  Michel / Patrice  / Régis /  Serge

Résumé : Demie-étape réussie !

   On dit que Dieu se serait reposé le 7e jour de la semaine, pour les Rugissants, c’est le 4ème. 0n a donc fait souffler un peu les organismes aujourd’hui. Une récupération active en somme. Il n’y avait que 93 kilomètres à faire, qu’un seul col à gravir en début de parcours, on a donc pu arriver à Cuneo sur la majestueuse grande place centrale à l’heure du déjeuner.

   Des nouvelles des participants ?

   Régis va bien puisqu’il fait des régissades, on dirait qu’un rythme régulier l’effraie.  

   Serge et André vont bien puisqu’ils se cherchent dans les cols, et se trouvent.

   Patoche va bien, c’est comme si son beau vélo rouge tout neuf le galvanisait.

   Jean-Luc va bien, puisqu’il passe les cols comme une fleur.

   Françoise et Michel vont bien puisqu’ils franchissent les montées avec brio et les relais camions en duo.

   Fabien et moi allons bien même si on a rien foutu dans le col du matin aujourd’hui. On avait décidé de monter tranquille et de ne pas forcer avant les trois grosses étapes alpines.

Fabien et Loïc dans le passo di Casotto

   Aucun problème d’itinéraire, l’improbable portion de route d’hier en fin d’étape est déjà oubliée. Ah mais c’est que les gens sont exigeants ! Vous savez ce que sait, quand quelqu’un fait les choses à la perfection 99,999 % du temps, on est bien obligé d’aller le titiller sur les 0,001 % qui restent.

   L’après-midi de libre à Cuneo nous permet de visiter un peu le centre ville qui est plutôt joli, et de nous offrir une excellente glace italienne chez Grom (glacier réputé, recommandé par Fabien qui ne nous a pas déçu !)

L'arrivée sur la place principale de Cuneo !

   Notre chambre avec hauteur sous plafond d’au moins 5 mètres permet de se relaxer confortablement, Sergio a même pu constater qu’Alaphilippe était toujours en jaune avant de piquer un petit roupillon.

   C’est fou tout ce que les cyclistes ont le temps de faire quand on leur donne un peu de temps libre : dans l’après-midi, Sergio va s’acheter une chemise en lin, André des patins de freins, c’est chacun selon ses goûts !

   Ce soir on mange dans la rue principale, qui est piétonne et bordée par d’élégantes arcades de chaque côté, c'était chouette aussi. De toute façon l’Italie est un bien beau pays que l’on apprécie énormément. Les italiens sont sympas, le petit café très ristretto mais excellent, la nourriture savoureuse, il y a de beaux paysages et une belle architecture, bref il fait bon y retourner régulièrement. 

Le TGV des Rugissants est en route !

   Demain, après Ligurie et Piémont, nous rebasculerons en France par le très difficile col Agnel qui culmine à 2744 m d’altitude, un col magnifique, particulièrement difficile par son versant italien et qui lors du voyage de 2015 nous avait réservé un accueil au sommet dans les nuages avec une température très fraîche. On verra ce qu’il en est pour la version 2019.

   Le col Agnel est le 2ème plus haut col des Alpes après l’Iseran. La cime de la Bonette que nous ferons après-demain est encore plus haute (2802 m, mais le col proprement dit s’appelle Restefond et passe à 2680 m.)

   Demain soir, de nouveaux arrivants nous rejoignent en train depuis Aix pour le week-end, il s’agit d’Anne-Lise, de Karine et de Julien. Il y aura aussi Jean-Pierre et Florette le surlendemain en début d’étape. Le peloton grossit donc, mais pas les participants pris individuellement, encore que personne ne soit passé à la pesée pour que nous en soyons vraiment sûr.

   Texte de Loïc, mis en images par Fabien. 


3e étape : San Remo – Orméa  109 km   /   D + : 2 850 m

Météo : beau temps, chaleur forte sans être étouffante, température maxi de 32°, vent faible.

12 participants : Cathy / Françoise / Isa / André / Brice / Fabien /  Jean-Luc /  Loïc  /  Michel / Patrice  / Régis /  Serge

Résumé : Erreur de Fabien en notre défaveur !

   C’était une étape de moyenne montagne qui nous attendait en cette belle journée estivale, avec 3 cols au programme, et des pourcentages de pente parfois difficiles mais abordables. Enfin ça c’était le projet…

   Avec le jeune Fabien nous étions tellement habitués à l’excellence depuis une dizaine d’années ! Trop peut-être. On partait avec lui avec une confiance totale ! Trop peut-être. On le croyait infaillible, une quasi-divinité, quasiment un mythe. Trop d’idolâtrie tue l’esprit critique. Là, il s’est un peu beaucoup « troué » au niveau de la route qu’il nous a sélectionné en fin de parcours…

   Et pourtant, c’était encore une bien belle journée ensoleillée qui se dessinait quand nous avons quitté San Remo, à 8h30 ce matin, sereins. La mer était belle et calme mais nous on s’en fichait, on partait à la montagne avec notre guide hyper-qualifié !

   Après 15 kilomètres à longer la côte vers l’ouest en direction de Vintimille, nous avons filé au nord jusqu’au très joli village de Dolceacqua avec un pont de très vieilles pierres, un château de pierres très délabrées, des jolies maisons, en pierre très certainement et une blagounette de Sergio au café qui m’a laissé…de pierre, enfin de marbre. Il en a sorti des meilleures. C’était donc l’heure du café, un arrêt obligatoire où tout le monde devise joyeusement et où les plaisanteries ne sont pas interdites pendant ce temps apaisé.

Le joli village de Dolceacqua

   Ensuite débuta vraiment le 1e col, long mais d’une difficulté que nous qualifierons de raisonnable selon les standards habituels propres aux cyclistes, une race à part. Il y a beaucoup d’ombrage et bien peu de voitures dans cette montée ou chacun fixe le niveau du rupteur (c'est-à-dire son niveau d’engagement dans la bosse en gros) à sa convenance. Regroupement et photo au sommet du col, c’est une obligation contractuelle chez les Rugissants.   

    On part dans une descente pleine de trous qui obligent à faire gaffe. Au pied de la descente, Cathy, Isa et Brice nous font des adieux déchirants, ils rentrent à vélo sur San Remo puis regagnent Aix avec leur voiture. Ils prétendent travailler demain, quelle drôle d’idée… Ce qui est sûr c’est qu’on a apprécié leur présence sur ces 2 journées, au point qu’on a prévu de se revoir, sur un vélo très probablement.

Le groupe au sommet di colle di Langan

   Le 2e col est plus beau mais aussi plus dur que le précédent, un beau morceau pour cycliste en condition, avec sur sa dernière partie la vue qui porte loin, quelques lacets charmants, des pentes corsées, le bonheur du cycliste en somme. Il y en a un qui a changé son niveau de rupteur, c’est Fabien, pour qui le bras dans le plâtre ne semble plus être qu’un lointain souvenir. André a aussi retrouvé une condition qui l’a rassuré.

Françoise et Michel dans le final grandiose du Passo Teglia

   Après le 2e col s’ensuit une très longue descente, encore très piégeuse sur sa première partie, parfois la route elle-même s’éclipse sur une dizaine de mètres sans prévenir pour se faire la malle dans la vallée, sans doute à cause d’intempéries, mais en descente ça fait bizarre. Heureusement, aucune circulation, on peut rouler à gauche ou à droite pour slalomer entre les nombreux trous. Petite collation au pied du col, dans le village de Pieve di Teco, avant la 3e ascension.

   Fabien adore nous faire découvrir des petites routes méconnues de tous mais connues de lui. Le plus souvent, il y est déjà passé quelques mois auparavant. Et le plus souvent, on ne le regrette pas. Mais là on s’est retrouvé sur une fichue route qui a disparu d’un coup dans un village perdu pour être remplacée d’un coup par une sorte de ciment rainuré improbable et avec à intervalle régulier des grilles d’évacuation d’eau où une roue de vélo tombe et se coince si on ne passe pas la grille de biais (je n’exagère pas, on a vérifié). Mais alors pourquoi ne pas passer la grille de biais me direz-vous ?

   Parce que quand Fabien nous vend une pente de 15 % grand max sur certains secteurs, parfois il ment effrontément ! Ça ne peut pas être l’alcool, le seul coma qui pourrait le toucher serait un coma hydraulique, le gars ne boit que de l’eau.

   Ici la pente démarre autour de 15% puis augmente graduellement jusqu'à atteindre entre 25 et 30 %, peut-être plus, au coeur du village ! D’ailleurs il n’y a pas d’habitant visible dans ce village, tu m’étonnes ! Au début ça passe, c’est le principe de la nasse, c’est seulement une fois dedans que le poisson se rend compte qu’il est piégé ! En parlant de poisson, on a mangé de la truite ce soir, très bon ! Enfin bref, la truite du soir n’excuse pas tout ! Donc tout le peloton s’est retrouvé à pied. Et même à pied, quand vous avez les cales sous les chaussures vélo, ce n’est pas facile d'avancer. Cela arrachera même un cri d’angoisse à Françoise quand elle commence à glisser en arrière, à pied dans la pente. Une fille si pondérée d’habitude !

   A la sortie de ce passage, Fabien nous présente ses excuses. Ouais, on prend, mais c’est un peu léger mon garçon !

   La dernière partie de la montée est en réfection de chaussée avec goudron frais et collant aux pneus, mais là Fabien décline toute responsabilité. Ouais, un peu facile mon gars ! Me faire ça à moi, après dix ans de vie commune ! Enfin seulement une semaine par an, dans la même chambre certes, mais avec deux lits quand même.

    Demain, étape de transition, intitulée sobrement « la demi-étape » par l’équipe de direction du voyage, car elle fait 16 kilomètres de moins que celle du jour… Dis comme ça, il y a risque de confusion. Non, l’étape est dite « demi » car on s’est dit avec Fabien que ce serait plus vendeur quand on a proposé le voyage 2019. Et puis, avec seulement 1300 m de dénivelé positif, on n’a pas menti, ce sera promenade.

   A noter que le repas du soir à l’auberge fut excellent, comme tous les dîners depuis le départ d’ailleurs. C’est important, car une troupe qui mange bien est une troupe qui revendique moins, et aujourd’hui, ils auraient pu…

   De toute façon après l’incident de parcours d’aujourd’hui, Fabien n’a pas intérêt à se louper, sinon on sera obligé de rapporter à Georges !

   Texte de Loïc, images de Fabien.


2e étape : San Remo – San Remo  120 km   /   D + : 1 600 m

Météo : très beau temps chaud, température maxi de 30°, vent faible.

12 participants : Cathy / Françoise / Isa / André / Brice / Fabien /  Jean-Luc /  Loïc  /  Michel / Patrice  / Régis /  Serge

Résumé : A fond les Capi !

   Aujourd’hui, boucle de 120 kilomètres autour de San Remo. Une bonne idée qui permettait de passer 2 jours dans le même hôtel et de se passer de camion aujourd’hui.

   Le périple débute par une piste cyclable en bord de mer de 20 km à savourer sous un grand ciel bleu, thermostat à 25°, avec même les petites bosses effacées par des tunnels pour cyclistes, et l’intense circulation automobile de la côte maintenue à l’écart. Les façades des habitations sont encore une fois très souvent couvertes de bougainvilliers en fleurs et c’est un régal supplémentaire. Alors forcément on musarde pour cet échauffement. J’en profite pour discuter écologie avec Brice parce qu’il fait chaud et que la mer monte, ça se voit à vue d’œil, sauf pour Trump. Et là, j’apprends une information capitale pour le déroulement de la suite de l’étape : Brice m’annonce qu’il ne mange plus de viande rouge depuis 6 mois, histoire de rendre service à la planète, à son échelle évidemment. 6 mois sans viande, je me dis, génial, le gars est forcément anémié, je ne vais en faire qu’une bouchée dans la Cipressa et dans le Poggio. Malheureusement  ça ne s’est pas passé comme je l’avais prévu…

Loïc, Brice et le groupe sur la piste cyclable du bord de mer

   Enfin bref, on quitte la côte après 25 kilomètres et le café d’usage pris en bord de mer. Nous partons monter un col plutôt roulant qui monte à 700 m d’altitude (le passo di Ginestro), un effort raisonnable que tout le monde encaisse sans souci. La descente est aussi très agréable au milieu de champs d’oliviers et de villages perchés. Retour sur la côte pour une collation en terrasse, vue mer, tout va bien. Reste à faire les 45 derniers kilomètres que Fabien a calqué sur le parcours de la célèbre course cycliste Milan – San Remo.

Le groupe au sommet du Passo di Ginestro

   4 Capi au programme, ces petites montées de 3 à 6 km qui parsèment le final jusqu’à San Remo. Les deux dernières, les deux plus connues, sont la Cipressa et le Poggio. Des montées qui n’ont rien à voir avec des cols alpins et qui ne sont difficiles que parce qu’elles se montent très vite et sur la plaque (c'est-à-dire grand plateau). Un exercice au demeurant assez excitant ! Fabien vainqueur dans la Cipressa, Brice dans le Poggio, Michel placé, et tout le monde qui se donne bien et se fait plaisir. Evidemment, les cyclistes pro eux arrivent de Milan, soit 300 km au total. Et le record de la montée du Poggio est détenu par Michal Kwiatkowski à 37 km/h pour les 3,7 km de la bosse à 3,6% de moyenne. Hallucinant ! A noter que dans la Cipressa comme dans le Poggio il y a en montant quelques virages en épingle si serrés que même nous, modestes cyclos mais fort motivés, sommes obligés de freiner pour les passer ! 

Le groupe au complet dans la Cipressa

   Elément capital, la victoire de Brice dans le Poggio est toujours contestée à l’heure où j’écris ces lignes car ce garçon surpuissant a oublié de tourner à gauche à la célèbre cabine téléphonique dans le village de Poggio pour basculer dans la descente sur San Remo. Au contraire, en tête du groupe et très certainement sous-oxygéné, il continue sur sa lancée en montée pendant 3 kilomètres de plus jusqu’à ce qu’on le rappelle à l’ordre par téléphone. Vous me direz qu’il est monté plus haut que les autres. D’accord, mais imaginez qu’Alaphilippe ait fait la même chose sur Milan – San Remo cette année, bah l’équipe Quick Step aurait fait la gueule et Naessens aurait gagné ! Ce qui prouve aussi que Brice était quand même bien anémié, en tout cas par l’effort, certes sans conséquence musculaire, par contre le cerveau a morflé…

   Après l’arrivée à San Remo, une partie de l’équipe part se délasser à la plage qui est à proximité de notre hôtel. Elle est à 95 % privée avec des restaurants de plage et des transats, il reste 5 % de plage publique (je n’exagère pas malheureusement et c’est un scandale !), une fine bande de sable où nous allons nous prélasser. L’eau est à 26° et délasse parfaitement. Le diner est excellent, ça délasse bien aussi !

   Demain on quitte la côte pour de la moyenne montagne, toujours en Italie.

Texte de Loïc, mis en images par Fabien.


1e étape : Nice – San Remo  105 km   /   D + : 1 500 m

Météo : temps pluvieux, température 25°, vent variable

9 participants :  Françoise / André / Fabien /  Jean-Luc /  Loïc  /  Michel / Patrice  / Régis /  Serge

Résumé : Démarrage en trombe (d’eau !)

   La journée avait commencé par un transfert matinal d’Aix-en-Provence à Nice. La caravane de notre tour comportait 1 camion et 2 voitures, presque autant que celle d’un autre Tour qui sillonne la France …

Le grand départ de Nice !

    On se change et se prépare devant le palais Nikaïa de Nice. Le temps est menaçant mais le ciel se tient, enfin jusqu’à ce qu’on monte sur notre vélo. Dédé opte d’entrée pour l’option camion qu’il conservera pour la journée. Fabien choisira lui de n’effectuer que les montées à vélo, son bras fraîchement déplâtré l’empêchant de bien freiner en descente. Reste 7 mercenaires qui feront toute l’étape. La promenade des Anglais est parcourue sous des trombes d’eau jusqu’à atteindre le sympathique café du cycliste, situé sur le port de Nice, à la décoration faite de vélos suspendus et autres objets de l’univers vélo.

Pause à la boutique/café "café du cycliste"

Un café au sec et nous repartons par la côte pour Menton. La pluie s’est arrêtée mais le ciel en garde pour plus tard. Il y a de beaux panoramas sur une mer oscillant entre couleur turquoise et bleu profond au gré des vagues. La mer est agitée mais le peloton est calme. Après Menton débute le premier col. Fabien laisse Dédé seul dans le camion pour faire un peu de vélo avec nous. Le col de Castillon qui monte à 706 m d’altitude est régulier, assez venté mais pas très dur. Petite descente ensuite pour rejoindre Sospel et s’ouvrir l’appétit. Le ciel est plombé mais on s’en fiche, on collationne à l’abri dans le village.

Le paisible village de Sospel, cadre idyllique pour y déjeuner

Après le repas, petit col pousse café, le col de Vescavo, 3,5 km avec de jolis petits lacets sur le sommet, pas de quoi foudroyer des Rugissants encore très frais. Fabien, en dépit de tous les usages qui veulent qu’on respecte une pause digestive de quelques heures, attaque dès le pied du col et fait le 20e temps de l’année dans le col, pas mal pour un convalescent. Françoise fait le meilleur temps féminin. Si ça les amuse…

   Descente sous une pluie légère vers Vintimille. Nous sommes arrêtés devant un tunnel à une seule voie pour cause de travaux pendant une dizaine de minutes. C’est rare que l’on respecte un feu rouge aussi long, en même temps on n’a pas trop le choix. On s’engouffre ensuite dans ce long tunnel de 1,4 km en faux plat descendant à 45 km/h. C’est limité à 30 et interdit aux cyclistes mais on va dire qu’on n’a pas su lire le panneau d’interdiction dont le pictogramme était en italien puis qu’on a roulé vite pour ne pas déranger…

   A Vintimille, la pluie cesse. La ville est congestionnée au niveau de la circulation, même à vélo ce n’est pas une sinécure. Il reste moins de 20 kilomètres en plat le long de la mer pour rejoindre San Remo. Les bougainvilliers en floraison exubérante font de véritables haies violacées magnifiques tout au long de cette rivera italienne trop urbanisée.

   A l’arrivée dans la chambre, Fabien fait 25 minutes d’étirements, pour 25 km faits ! Heureusement qu’il n’y en avait pas 200…

   Au final une belle journée, d’autant plus qu’à part le déluge de Nice on s’en sort bien au niveau du temps : la météo prévue aujourd’hui était exécrable.

   Demain beau temps prévu, on espère que Dédé va quitter son camion… :-) Il sera bien obligé vu qu’on ne prend pas le camion, l’étape est une boucle autour de San Remo avec le final de la Primavera (course cycliste Milan – San Remo) gagnée brillamment par Alaphilippe cette année.

   A noter le renfort apprécié dès ce soir et pour 2 journées de Brice, Isa et Cathy. Au dîner du soir ils ont déjà été très bons !

  Dans la chambre que je partage avec Fabien et Sergio, ce dernier annonce une grosse attaque dans le Poggio ! On vous racontera. 9e voyage Rugissants, nous sommes les 3 seuls participants à avoir fait toutes les éditions. En 2011 lors du 1er voyage, Sergio avait attaqué dans le col du Galibier qui s’élève à 2 645 m d’altitude. Demain il annonce le faire dans le Poggio qui plafonne à 160 m. Tout fout le camp !

A demain pour de nouvelles aventures.

Texte de Loïc mis en images par Fabien.



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